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La politique européenne du commerce extérieur est structurante à l’échelle mondiale : l’Union européenne est la première puissance commerciale mondiale ; la compétence en la matière est l’une des plus communautarisées. Si l’Union européenne joue un rôle majeur dans la libéralisation mondiale des marchés, et ce d’autant plus que nombre d’entreprises européennes sont globales, la crise et les nouveaux rapports de force avec les pays émergents amènent à des approches moins exclusivement « libérales », alors que le débat sur la « dé-mondialisation » relance l’intérêt de la réflexion sur la politique commerciale européenne.

Dans le proche avenir, plusieurs dossiers permettront d’apprécier la volonté effective et la capacité de l’Union européenne à faire valoir des approches nouvelles.

D’abord au plan de la posture politique : il faut donner du contenu et de la réalité au concept de réciprocité, par exemple pour l’accès aux marchés publics de l’Inde et du Canada, sans parler de la Chine, ou pour les financements accordés aux entreprises exportatrices, notamment chinoises.

De même, un test crucial est la capacité à faire vivre, en les utilisant à bon escient, les procédures anti-dumping et antisubventions ou restrictions à l’exportation. Il est utile de souligner que l’accès de la Chine au statut dit « d’économie de marché » réduirait fortement la possibilité de recourir à ces outils.

D’autres questions majeures seront liées à la juste appréciation des intérêts européens tant offensifs que défensifs dans les négociations d’accords bilatéraux de libre-échange ; la Commission devra bien peser l’équilibre général entre les divers secteurs des services, de l’industrie et de l’agriculture, et entre intérêts nationaux des États membres.

Dans un tel contexte, la posture d’ouverture à laquelle l’Europe a intérêt ne se comprend que si elle sait s’assurer de la réciprocité et de l’équilibre. Plus encore, la politique commerciale ne trouve son sens, celui de la croissance et de l’emploi, qu’articulée avec les politiques internes de compétitivité : politiques industrielle et de l’innovation, marché intérieur, politique agricole commune (PAC), etc. La meilleure protection est notre capacité à produire en Europe de manière compétitive.

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À propos de l'auteur

Édouard Jourdain

Ancien élève de Sciences Po Grenoble, Edouard Jourdain est docteur en études politiques de l’EHESS où il a soutenu en 2011 une thèse sur la guerre et le problème théologico-politique, qui interroge l’héritage de Karl Marx et de Carl Schmitt. Spécialiste de Proudhon, Il a publié entre autres Proudhon, Dieu et la guerre (l’Harmattan, 2006) et Proudhon, un socialisme libertaire (Michalon, 2009). Après avoir enseigné le droit constitutionnel à Paris XI et travaillé au CICDE (Centre Interarmées de Concepts, Doctrines et Expérimentations), il est actuellement secrétaire de rédaction de Conventions, initiative conjointe de l’IHEJ et du Ministère des affaires étrangères sur le droit dans la mondialisation. Parallèlement, Edouard Jourdain continue ses recherches en philosophie politique.