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Le débat sur l’influence des entités privées dans les relations internationales se résume à une question : sont-elles en mesure d’orienter les politiques publiques, peuvent-elles modifier le cours des relations internationales ? La réponse est sans doute négative quand il s’agit de la diplomatie classique, peu perméable aux influences et pressions de groupes privés (à l’exception – par ailleurs heureuse – des droits de l’homme), car les états ont avant tout des intérêts qui tiennent essentiellement à la géographie, à l’histoire et à la démographie. Elle diffère en revanche dès que l’on aborde les champs idéologiques, économiques, sociaux, ainsi que l’ensemble des techniques de communication.

Il est indéniable que les critères de la puissance ont considérablement évolué et que dans un monde où la guerre conventionnelle a quasiment disparu (les guerres d’aujourd’hui sont essentiellement asymétriques), l’économie, la finance, la technologie, la capacité d’user au mieux des moyens considérables offerts par la télématique et les réseaux sociaux, le capital de séduction ou de sympathie constituent quelques-uns des éléments nécessaires au développement de nos sociétés. Les états sont souvent présents dans ces secteurs, mais ils ne jouent plus le rôle de force motrice qui était le leur autrefois. C’est en ces domaines que l’influence des vecteurs privés est la plus forte et qu’elle emporte les conséquences décrites dans le présent rapport sur les politiques publiques.

Les états peuvent adopter deux attitudes face à cette nouvelle donne des relations internationales. S’y résigner, considérer qu’ils subissent une concurrence ou être capables de se servir des entités privées comme de partenaires ou de leviers.

La place des entités privées dans les relations internationales peut-elle s’amplifier à l’avenir ? La rapidité des techniques de communication et l’intensification des échanges de tous ordres plaideraient en ce sens mais le phénomène a des racines historiques précises. Il doit parfois au hasard… Largement répandu aux états-Unis, il l’est nettement moins en Europe et marginal en Asie, même si d’importants laboratoires d’idées apparaissent à Shanghai, à Tokyo ou à Jakarta. Entreprises, fondations, universités, ONG joueront vraisemblablement un rôle croissant dans le façonnement de notre monde en raison de leur faculté d’adaptation plus rapide que celle des états, obligés de respecter des procédures. La complexité de la réponse à cette question provient des jeux multiples entre états et entités privés, qui s’allient, se combattent, s’influencent, cherchent à s’instrumentaliser au gré des circonstances. Il est impossible d’être catégorique, à l’image d’un monde en constante évolution.

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À propos de l'auteur

Édouard Jourdain

Ancien élève de Sciences Po Grenoble, Edouard Jourdain est docteur en études politiques de l’EHESS où il a soutenu en 2011 une thèse sur la guerre et le problème théologico-politique, qui interroge l’héritage de Karl Marx et de Carl Schmitt. Spécialiste de Proudhon, Il a publié entre autres Proudhon, Dieu et la guerre (l’Harmattan, 2006) et Proudhon, un socialisme libertaire (Michalon, 2009). Après avoir enseigné le droit constitutionnel à Paris XI et travaillé au CICDE (Centre Interarmées de Concepts, Doctrines et Expérimentations), il est actuellement secrétaire de rédaction de Conventions, initiative conjointe de l’IHEJ et du Ministère des affaires étrangères sur le droit dans la mondialisation. Parallèlement, Edouard Jourdain continue ses recherches en philosophie politique.